-La crise agricole



La crise agricole ou le cheval d’orgueil

En Bretagne, au début du XXème siècle, la misère était encore de mise pour bien des gens du monde agricole. C’était une calamité comme une autre et contre laquelle on ne pouvait pas faire grand-chose. Le moindre coup du destin suffisait à y faire tomber ceux qui étaient déjà fragiles et qui tiraient le diable par la queue.
De nos jours, le prix du lait et de la viande, le naufrage des dirigeants, l’invalidité, la maladie sur les hommes ou sur les bêtes, une mauvaise récolte, une économie volatile ou simplement les lois de l’offre et de la demande vous jettent pour un temps sur les routes pour crier votre désarroi, vous obligent à tendre la main au seuil des portes ministérielles qui restent sourdes, la prière entre les dents serrées et les yeux fermés sur votre humiliation.
Le feu dans la paille à la Préfecture, le feu dans les palettes et les pneus, les barrages sur les routes sont l’expression d’une colère sourde et profonde, d’un exutoire et d’un appel au secours.
Parfois au XXème siècle, les hommes choisissaient de se pendre et il y avait souvent, dans la grange, une corde qui n’attendait que ça. Les femmes préféraient se noyer et il se trouvait toujours un puits dans leur cour ou un lavoir au bas de leur champ.
Faisons tout notre possible pour ne pas en arriver à ces extrémités irréparables !
Réflexions librement inspirées par le livre « Le Cheval d’Orgueil » de Pierre-Jakez Hélias.