-Comprendre le fonctionnement de la machine à traire.



 

Introduction (voir aussi le schéma technique de la machine à traire)

La machine à traire joue un rôle important dans la ferme laitière. C’est un moyen efficace pour traire les vaches. Cependant, il y a lieu de rappeler qu’elle est un des rares appareils à être en contact direct avec les tissus vivants d’un animal. De mauvais équipements ou de mauvaises techniques de traite peuvent rendre l’opération de traite désagréable pour la vache, voire même donner lieu à une blessure ou à une mammite.Il s’avère donc indispensable, avant toute tentative de traite, de comprendre le fonctionnement des équipements, la nécessité de les entretenir en permanence, et d’utiliser de bonnes méthodes de traite. Cette fiche technique décrit donc le fonctionnement de base de l’équipement intervenant lors de la traite afin de mieux comprendre son utilisation.

Le fonctionnement

La machine à traire remplit essentiellement deux fonctions:
-elle permet au lait de s’écouler du trayon en soumettant le bout de ce dernier à un vide partiel
-elle masse le trayon de façon à réduire les effets d’une aspiration continue de lait (congestion)

Le vide ou dépression
Les machines à traire dépendent en partie du vide pour leur fonctionnement. Un vide partiel est créé lorsqu’une partie de l’air est expulsé hors des tuyaux de la machine à traire. Le niveau du vide ainsi créé dépend de la quantité d’air expulsé.Le niveau de vide indiqué sur la pompe à vide est exprimé en kilopascals (KPA). Par exemple, si la moitié de l’air est expulsé hors du système, l’indicateur de vide affichera 50 kilopascals.
L’unité de traite
Toutes les unités de traite fonctionnent suivant le même principe. Elles se composent généralement des éléments suivants:
la pulsation:
-les gobelets trayeurs et les manchons
le récipient à lait:
-de type griffe à lait (rattachée à un pot trayeur ou à un lactoduc).Le principe de fonctionnement d’une unité de traite est illustré sur les schémas des figures 1A et 1B.

Quand il est en marche, le pulsateur provoque des alternances de vide et d’air (pression atmosphérique) dans la chambre de pulsation située entre le gobelet trayeur et le manchon. N’oubliez pas que l’intérieur du manchon est soumis en permanence au vide. Ainsi, quand l’air entre dans la chambre de pulsation (Figure 1A) le manchon comprime le trayon. La compression du manchon autour du trayon donne lieu à une action de massage. C’est ce qu’on appelle le repos ou la phase massage. Il n’y a PAS d’éjection de lait durant cette phase.

Figure 1A. Phase massage
phase massage

L’air (pression atmosphérique 101,5 KPA) ferme le manchon: c’est la phase massage.

Vacuum = vide
Récipient à lait= griffe

Pendant la phase traite (voir Figure 1B), le pulsateur soumet la chambre de pulsation au vide. L’air n’entre plus dans la chambre de pulsation. Le fait qu’il y ait maintenantt égalité de pression de part et d’autre du manchon provoque l’ouverture de ce dernier. L’action du vide au bout du trayon et la différence de pression entre l’intérieur du trayon et le manchon trayeur, forcent le lait à s ‘écouler.

Figure 1B. Phase traite
phase succion

Le manche s’ouvre, le vide de traite (50 KPA) est égal au vide dans la chambre de pulsation: c’est la phase succion

La traite consiste alors en une succession d’ouvertures (phase traite) et de fermetures (phase massage) du manchon.

Quelques termes se rapportant au pulsateur

Cycle de pulsation
Le cycle de pulsation se rapporte au temps mis par le pulsateur pour accomplir une phase traite et une phase massage .

Fréquence de pulsation
La fréquence de pulsation est le nombre de cycles effectués à la minute. Les pulsateurs disponibles dans le commerce ont des fréquences allant de 40 à 60 cycles ou pulsations par minute.

Rapport de pulsation
Le rapport de pulsation est l’intervalle de temps pendant lequel le pulsateur se trouve en phase traite par rapport à la phase massage dans un cycle. Le rapport de pulsation peut être exprimé sous forme de simple ratio ou en pourcentage. Voici quelques exemples de rapports de pulsations:

1 : 1 ou 50 : 50
1,5 : 1 ou 60 : 40
2,5 : 1 ou 70 : 30

Ainsi, un rapport de pulsation 60 : 40 voudra dire que pour un cycle donné, le manchon est ouvert pendant 60 % du temps (phase traite) et reste fermé pendant 40 % du temps (phase massage).

Phase de pulsation
La phase de pulsation est connue sous les noms de pulsation simultanée (4×0) ou de pulsation alternative (2×2).

Pulsation simultanée
Certaines unités de traite sont conçues pour que les quatre gobelets trayeurs tirent simultanément le lait, et ensuite passent tous ensemble à la phase massage.

Pulsation alternative
Il y a des unités de traite qui fonctionnent de façon alternante; c’est-à-dire que deux gobelets trayeurs se mettent en phase traite quand les deux autres entrent en phase massage. Suivant le modèle, I’alternance peut se faire du côté gauche vers le droit ou des quartiers avant vers ceux arrière de la vache.

Le fonctionnement des pulsateurs

Les pulsations peuvent être engendrées soit par l’action du vide, soit par effet électrique. Les pulsateurs à vide utilisent l’air pour actionner le piston ou la valve qui arrête ou permet les passages d’air, générant ainsi des pulsations. Le piston ou la valve peut se déplacer dans un bain d’huile afin de permettre un mouvement plus doux. La fréquence de pulsation est contrôlée par un pointeau qui peut être ajusté à l’usine ou être ajustable manuellement. Les variations de température peuvent affecter la fréquence des pulsateurs actionnés par le vide. Étant conscient de ce problème, essayez de garder les pulsateurs à des températures normales de fonctionnement afin d’enrayer les fluctuations de fréquence .

Le pulsateur à fonctionnement électrique peut être actionné par une unité centrale de contrôle qui envoie au pulsateur, par le biais d’un courant électrique, des instructions appropriées pour produire une fréquence et un rapport de pulsation prédéterminés. Le pulsateur électrique n’est pas sujet aux variations de température. De ce fait, il présente l’avantage de produire une fréquence de pulsation constante.

Certains pulsateurs électroniques sont contrôlés par une puce d’ordinateur. Ces pulsateurs fonctionnent à une fréquence et à un rapport de pulsation préchoisis aussitôt branchés au robinet de la ligne de vide.

Il existe aussi des pulsateurs ayant des fréquences et des rapports de pulsation variables. Ces caractéristiques permettent au producteur de mieux choisir la fréquence et le rapport de pulsation qui correspondent aux besoins de son troupeau. Cependant, une mise en garde: NE JAMAIS tenter d’expériences, à moins d’avoir compris intégralement le côté technique des fréquences et des rapports de pulsation et de connaître les incidences que cela pourrait avoir sur la traite des vaches. Autrement, des blessures graves pourraient en résulter pour les vaches.

Les gobelets trayeurs et manchons

Il existe plusieurs types de gobelets trayeurs et de manchons. Assurez-vous que le gobelet trayeur et le manchon sont compatibles. Par exemple, soyez sûr que le manchon dispose d’assez de place à l’intérieur du gobelet pour qu’il puisse se relâcher sans entrer en contact avec la paroi.

Choisissez un manchon dont l’ouverture supérieure l’empêchera de glisser vers le bas du trayon ou de remonter le trayon vers le pis. L’utilisation des manchons à bout étroit ou moyen est conseillé afin de réduire les irritations de trayons et de pis. Si vous utilisez présentement des manchons à bout large et que vous vouliez passer à ceux à bout étroit, vous devez considérer les points suivants:

Au début, les gobelets trayeurs peuvent tomber souvent, et ce, jusqu’à ce que vous acquériez le doigté du maniement de l’unité de traite équipée des nouveaux manchons. Par exemple, appliquer moins de tension sur la trayeuse, etc.;
Au début, certaines vaches peuvent être plus longues à traire;
Certaines vaches à trayons longs et flasques ne s’adapteront jamais aux manchons à bout étroit.

La souplesse du manchon
Les manchons doivent être remplacés conformément aux instructions du fabricant, et on doit toujours les remplacer aussitôt qu’ils sont endommagés.

Voici les recommandations générales concernant le remplacement des manchons:

caoutchouc synthétique:
1 000 – 1 200 traites

caoutchouc naturel
500 – 700 traites

silicone
5 000 – 10 000 traites

La griffe à lait

On peut classer les unités de traite en deux types, pot suspendu (n’est plus utilisé) ou griffe à lait. Le type griffe à lait est relié à un pot trayeur ou à un lactoduc par un tuyau.

Le passage du lait vers le pot trayeur ou le lactoduc se fait grâce à l’air. De l’air entre par la griffe ou par les gobelets trayeurs. On doit prendre garde que les orifices d’entrée d’air soient propres, pas trop larges non plus pour qu’il n’y ait pas trop d’agitation, ce qui pourrait faire rancir le lait

L’acheminement du lait, du lactoduc au refroidisseur
Une fois dans le lactoduc, le lait se rend par gravité jusqu’a l’unité terminale, d’où il est pompé, filtré, puis acheminé au tank à lait où il est refroidi et entreposé.